Charte/Charter

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Charte éthique de Linkebeek en Transition

Une vision et des valeurs

Linkebeek en Transition est une initiative citoyenne locale, ouverte à tous, qui veut recréer du lien pour imaginer, ensemble, un monde plus écoresponsable, équitable, créatif, cohérent, léger et optimiste. Ses actions s’inscrivent dans le mouvement mondial de transition qui soutient le passage de l’ère de dépendance aux énergies fossiles finissantes (pétrole, charbon, gaz) vers une nouvelle ère de descente énergétique et de résilience locale1. L’idée de la transition pour avancer dans cette nouvelle logique est de développer, solidairement, des solutions pour vivre de manière plus économe en énergie, moins polluante et bénéfique à la régénération des écosystèmes. Pour ce faire, des projets concrets sont réfléchis et élaborés collectivement dans le but de recréer une économie circulaire à l’échelle locale, basée sur l’équité, les échanges, le partage, le recyclage et l’absence de déchets. Ainsi, un avenir de meilleure qualité pourra s’envisager, avec moins de biens et plus de vrai mieux-être.

 

Penser globalement et agir localement

Pour faire face aux grandes crises systémiques et scientifiquement constatées qui touchent le climat, l’énergie, la biodiversité, le socio-économique, les migrations, la finance…, la transition soutient un processus de relocalisation des stratégies de vie et de consommation. En effet, ces crises résultant d’une économie mondiale dérégulée s’accélèrent et s’intensifient de plus en plus, en particulier depuis 2000, nous montrent qu’il est plus qu’urgent de réagir. Et c’est en multipliant des initiatives locales résilientes et pérennes, à contre-courant d’une civilisation de surconsommation née du pétrole, que les acteurs de la transition agissent en mettant en valeur la relation directe producteur-consommateur. Et ainsi avancer en agissant simultanément dans de multiples localités, villes, villages, rues, quartiers… un peu partout dans le monde. Etant entendu que toutes les initiatives lancées dans le monde sont bien interconnectées, notamment, et depuis 2007, via Transition Network.org.

Les initiatives de transition, nées au départ de l’expérience de la petite ville de Totnes en Angleterre en 2006, se répandent rapidement depuis, dans le monde comme en Belgique. En 2016, le réseau mondial compte plus de 4000 initiatives « officielles » dans plus de 50 pays ! Et en Belgique, déjà 140 initiatives existent dont > 50 ont rallié le Réseau transition.be et > 56 le réseau Transitie Vlaanderen.

Cependant, si elles partagent bien les mêmes objectifs de passage vers une économie soutenable et équitable, chaque initiative développe des spécificités inhérentes à son histoire, son implantation, ses expériences passées –réussies ou non-, les compétences des personnes qui la composent, d’autant que c’est l’ancrage local qui rend l’idée de transition unique. Ainsi Linkebeek, communauté villageoise bilingue, proche de Bruxelles, constituée de deux pôles, chacun riche d’une gare, est une petite commune où, en dehors des nuisances causées par le trafic de transit qui la traverse à chaque heure de pointe, il fait bon vivre et où de nombreux espaces verts, agricoles et boisés ainsi qu’un centre de tri ne demandent qu’à être valorisés par des transitionneurs !

Collectivement, des actions pour recréer une économie locale orientée zéro carbone, zéro déchet

Linkebeek en Transition est accessible à toute personne qui veut agir pour la transition vers un monde sans carbone et souhaite proposer ou rejoindre une action dans les domaines aussi variés que l’alimentation, l’énergie, l’économie, la mobilité, l’éducation, la permaculture, l’environnement etc… Autant de groupes thématiques réunis en janvier 2017 qui ont imaginé pouvoir concrétiser :

  • soit des projets citoyens dans l’environnement immédiat, comme, par exemple, des potagers, poulaillers, composts, ruchers… collectifs ; la mutualisation de matériel de culture, de production ou de transformation des produits, ou encore des alternatives au « tout à la voiture » et aux supermarchés déconnectés de leurs lieux de production ; l’achat groupé d’énergies vertes ; la mise en valeur des sentiers pédestres ou cyclistes, la préservation de friches ou biotopes naturels… ;
  • soit de plus grands projets à visée professionnelle comme la production maraîchère, boulangère ou autre artisanat en circuit-court ; de ressourceries d’outils ou d’objets divers ; de filières de production éventuellement sous forme d’entreprises à finalité sociale, par exemple pour optimiser l’isolation des bâtiments (PEB), récupérer et économiser l’eau ou valoriser une énergie de biomasse etc… ;
  • voire la mise sur pied de coopératives locales avec accès au micro-crédit et création d’emplois équitables à la clé ou encore, réfléchir à l’opportunité d’une monnaie locale…

Notre environnement proche fourmille de ressources directes et/ou accessibles ; pourquoi ne pas réfléchir ensemble au meilleur moyen de les utiliser le plus directement et judicieusement possible par des actions concrètes?

Des modalités d’organisation basées sur la participation et l’échange d’idées

L’émergence et le lancement de projets de transition s’insèrent dans une vision d’avenir à redéfinir qui nécessite de l’imagination, des discussions et du temps à un groupe pour l’échafauder et se l’approprier pleinement, qui ne peut s’exprimer que dans un contexte qui facilite la parole. Des méthodes participatives et accessibles sont dès lors nécessaires pour bien réfléchir et se préparer aux actions concrètes qui seront finalement créées. En effet, il n’y a plus aujourd’hui UN modèle unique de vie fondé sur une seule forme d’énergie facile et bon marché qui subvient facilement à quasiment tous nos besoins, comme à la période où la croissance paraissait illimitée et a été tellement exploitée qu’elle en a dérégulé le climat. Au contraire, de nouveaux comportements à de multiples niveaux d’action qui se complètent et s’adaptent à de nombreuses contingences sont aujourd’hui nécessaires pour rebâtir nos environnements directs sur de nouvelles bases éthiques. Il est dès lors nécessaire d’utiliser tous les talents, les idées, les savoir-faire et l’expertise de chacun ainsi que toute l’ingéniosité collective possible pour inventer une panoplie de réponses variées tant dans leurs formes que leurs domaines… L’organisation des différents groupes gagnera donc beaucoup à privilégier une gouvernance transversale qui, seule, pourra laisser s’exprimer toute la richesse d’une transition à multiples facettes et la rendre attractive.

Un comité de coordination

Vu le nombre de participants, la diversité des projets envisagés au démarrage de Linkebeek en Transition et la nécessité de maintenir un cap cohérent à l’ensemble, un comité est constitué afin de mettre en œuvre la concertation, le soutien bienveillant, le conseil, l’évaluation constructive ainsi que la planification cohérente des actions vues dans leur ensemble et leur complémentarité. Ceci afin d’éviter l’éparpillement, voire le découragement, des projets mis en chantier… Il est aussi utile de veiller au respect des motivations, valeurs, objectifs et bonnes pratiques décrits dans la présente charte au cours de toute action qui se réclame de Linkebeek en transition. C’est aussi ce comité qui est seul habilité à engager et représenter Linkebeek en Transition, par exemple lors de l’éventuelle adhésion au réseau transition ou de l’établissement éventuel d’une convention de partenariat avec un ou plusieurs organismes et/ou pouvoir public. De même que la gestion -ou la délégation- des actions de visibilité, si possible festives et ludiques, ainsi que la communication avec l’extérieur dont, le cas échéant, les contacts avec la presse revient aussi au comité.

Pas de récupération politique !

Même s’il est important de concerter les actions de transition avec le monde politique notamment pour relayer les préoccupations de la population ou pour ce qui concerne l’usage des infrastructures ou espaces publics, les initiatives de transition ne peuvent en aucun cas servir de tremplin pour favoriser un parti ou booster une carrière politique. La gouvernance participative et démocratique de nouveaux modes de vie pour réagir aux profondes crises du climat, de l’énergie, de la biodiversité… par les transitionneurs ne répond pas aux mêmes règles que celles du monde politique ! Dès lors, l’instrumentalisation politique de la transition ne peut mener qu’à sa perte de sens ; il est bien plus sain de clairement dissocier le monde politique des initiatives citoyennes tout en maintenant des interactions sans ambigüité. Afin d’éviter toute récupération pour des intérêts individuels qui ne feraient que détourner le mouvement de ses objectifs prioritaires, Linkebeek en Transition s’engage à maintenir, en tout et pour tout, un souci d’idéal démocratique et d’équité constants.

En guise de prospective…

Linkebeek en Transition a donc pour vocation de rassembler des habitants qui, ensemble, se mobilisent pour freiner la consommation frénétique des ressources naturelles disponibles, sachant que, chaque année, lOvershoot day qui est le jour où les ressources annuelles de la planète sont épuisées, est atteint plus précocement. En 2016, nous avons atteint ce jour le 8 août qui n’est que le 221ème jour de l’année, ce qui signifie que, pour le reste de l’année, nous ne faisons que creuser notre passif d’émissions à effet de serre ; surplus impossible à être absorbé dans l’atmosphère et dès lors source de plus de dérégulation et de réchauffement climatique. Il y a donc urgence pour, ensemble, réduire ce bilan carbone et maintenir un avenir viable pour les prochaines générations. Et peut-être que la fin annoncée des énergies fossiles pourrait finalement représenter une opportunité pour se motiver à recréer un monde plus équilibré et heureux sans grande consommation, surtout, celle, inéquitable, qui vient de l’autre bout de la planète !

Linkebeek, le 9 mai 2017.

Sources & ressources:

Rob HOPKINS, Ils changent le monde ! 1001 initiatives de transition écologiques, Seuil, Paris, 2014.

Rob HOPKINS, Manuel de transition, de la dépendance au pétrole à la résilience locale, Ed. Ecosociété pour la version française, Montréal, 2010.

Pablo SERVIGNE et Raphaël STEVENS, Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, Seuil, Paris, 2015.

Pablo SERVIGNE, Nourrir l’Europe en temps de crise. Vers des systèmes alimentaires résilients, Nature et Progrès, 2014.

Rues et quartiers en transition, carnet des rues en transition, Réseau transition.be, avec le soutien de la Loterie Nationale et des Amis de la Terre, avril 2016.

www.TransitionNetwork.org

www.Reseautransition.be , Acteurs du changement positif.

www.TransitieVlaanderen.be

www.ruesentransition.be

www.Ecoconso.be

1 En écologie, la résilience (agro-alimentaire, énergétique, sociale…) est la reconstruction d’un écosystème qui a été et est tjrs profondément perturbé et dérégulé.